Rencontre avec la californienne Morgan Sliff



Carte d'identité:


Pays: USA

Quiver: Barahona Surfboards

Free surf ou compétition: les deux mais la plupart du temps free surf


Salut Morgan, tu es californienne, peux-tu nous en dire plus sur toi?


Salut! Je suis Morgan Sliff. Je suis née, j'ai grandi et j'habite à Hermosa Beach, en Californie. Quand j'étais petite, j'étais littéralement obsédée par l'eau. Une fois, j'ai même insisté pour diner dans la baignoire et j'ai grandi en écoutant les histoires de ma grand-mère, qui a grandi à Hawaï, et de ma marraine, Wendy Gilley, une longbordeuse professionnelle qui était dans l'équipe de Dewey Weber.   Dès le début, ces femmes ont été des modèles et elles m'ont rendue accro au surf. J'ai demandé une planche de surf au père Noël à l'âge de 6 ou 7 ans, et je crois me rappeler avoir lui avoir écrit une note où je disais «Ne t'inquiète pas père Noël, le surf sera ce que je vais préférer au monde.” J'avais vu juste!



20 ans après, c’est toujours ce que je préfère au monde. En ce moment, je gagne ma vie en tant que rédactrice publicitaire pour plusieurs sociétés et je surfe tous les jours. Je suis assez bien placée, entre San O et Malibu, alors quand les vagues ne sont pas bonnes à la maison, je trace au nord ou au sud. Il y a tellement de bons spots sur cette côte - j'adore vivre ici!



Le surf est vraiment important pour toi...


En ce moment, le surf est un peu, pour moi, comme l’air que je respire… c’est tout pour moi. Surfer est toujours un choix, mais j'ai choisis que ma vie soit aisni chaque jour et cela signifie beaucoup de choses pour moi. Le surf est mon partenaire de vie, mon thérapeute, mon bouton de réinitialisation, mon terrain de jeu… la liste est longue.




Tu surfes tous les jours depuis plus de 1500 jours consécutifs. Est-ce un défi ou un mode de vie? Au début c'était un challenge personnel, et puis c'est devenu un mode de vie.

Voici comment cela a véritablement commencé: le surf a longtemps fait partie de ma vie, mais, à un moment de ma vie, j’ai perdu la relation que j'avais avec l’océan. Je côtoyais des gens qui me tiraient vers le bas plutôt que de m'inspirer et je ne plaçais pas les choses que j'aimais dans mes priorités.


Quelques années plus tard (j'ai actuellement 24 ans), je me suis mariée à une personne qui n’était pas faite pour moi et qui tenait à grandir trop vite. Un jour, je me suis réveillée et je suis sortie de ce brouillard, réalisant que je devais réparer certaines choses. J'ai apporté des changements décisifs à ma vie, et, quelques semaines plus tard, je suis retournée à l'eau après cinq ans sans surf. Je me souviens ce jour-là, j'avais l'impre ssion que les vagues me frappaient littéralement le visage et me demandaient: «Où diable étais-tu?». Ce fut un moment très fort. Je ne voulais pas sortir de l’eau et, pour la première fois, je me sentais vraiment heureuse, comme si je l'avais été depuis toujours.

Peu de temps après, je me suis fixée comme objectif de surfer une année de suite: que ce soit la pluie ou le beau temps, que le temps soit venteux ou glacial, que les vagues soient petites ou grosses, que je soit fatiguée ou malade… Je voulais rattraper le temps perdu. J'ai fêté mes 21 ans le 21 juillet 2016 et, depuis, je tiens ce cap.




Et les voyages?


L'un de mes premiers voyages à l'étranger a eu lieu en 2016 au Nicaragua, au cours de la première année de mon challenge. Depuis lors, j'ai le virus du voyage : j’ai fait 17 voyages différents dans 7 pays, une île et un grand lac! Je suis très reconnaissante de pouvoir visiter tous ces endroits - il y a tant de magie à trouver partout. Le camp Miramar d’AST au Nicaragua est l’un de mes préférés. De bonnes vagues, des gens super, une nourriture qui déchire et Luke l'adorable labrador. Ça ne peut pas être mieux.   L’Espagne, en 2018, fut mon premier voyage en Europe. Et je n'ai pas été déçue. Ce voyage a été le plus compliqué à organiser afin de surfer tous les jours. Lors de mon premier voyage en Espagne, j’ai surfé à la maison à 3h45 du matin et suis arrivée à Madrid le lendemain, mais je n’ai atteint l’océan qu’à 18h. Lors d’un autre voyage, je suis rentrée très tard et je ne suis pas allée dans l’eau avant 23h45.



Quel est ton spot préféré et celui que tu trouves le plus chaud? Doheny (à Dana Point) est vraiment spécial pour moi. Il y a vraiment beaucoup de monde et il a parfois de quoi devenir dingue, mais si tu y es au bon moment, c’est magique. Et j’ai un tas de très beaux souvenirs à Doheny =). Le spot le plus difficile est celui est à côté de mon spot de surf préféré - la jetée de Hermosa Beach. C’est mon "home break"et la vague où j’ai grandi en surfant. C’est un beach break et la vague n’est généralement pas géniale, mais ce qui est difficile, c’est que c’est différent tous les jours. Il a tellement de conditions différentes. Mais j'aime ça!



Où est-ce que tu n'as jamais surfe alors que tu as toujours rêvé d'y aller?


Scorpion Bay au Mexico. C'est en haut de ma list des choses à faire dans ma vie!



Quelles sont tes valeurs et ta philosophie de vie? Cela semble banal, mais de tout ce que j’ai appris au cours des cinq dernières années, je suis convaincue qu'il faut suivre sa voie. J'ai l'impression que si nous n'avons que cette vie, nous nous devons de l'utiliser à faire ce que nous aimons et à être entouré de personnes que nous aimons vraiment.   De plus, j’estime qu’il est important de toujours faire ce qui est juste, peu importe les circonstances - et peu importe qui vous regarde ou pas. Ne cédez pas au drame et à la négativité, car cela semble être la voie la plus facile ou la plus cool. Soyez juste une bonne personne.



Y a-t-il une phrase, un film, un livre qui a affecté ta vie? 


Une phrase pourrait incarner ces 5 dernières années: les vagues et l'océan m'aident à me retrouver. Au cours de ces années de surf, chaque jour consistait à me reconstruire à partir de zéro. Je me sentais comme si chaque jour dans l'océan m'aidait à me rapprocher de qui j'étais vraiment et de ce que j'étais censé faire de ma vie.   E puis, le jour du Nouvel An 2018, mon cœur s’est brisé lorsque mon petit frère est décédé. Il était la personne que je préférais. C'était comme si un énorme morceau de moi était mort avec lui. J'ai été dans un état second pendant de nombreux mois et tout ce que je pouvais faire pour avancer était d'aller dans l'océan - c'était tout ce que je savais faire à ce moment-là. Il y avait des jours où je conduisais jusqu'à la plage et me traînais sur le sable, et ça me faisait physiquement mal d'entrer dans l'eau. Mais, en fin de compte, le surf a été une béquille inestimable dans mon processus de guérison. Et un an et huit mois plus tard, je sens enfin que je peux mieux respirer.   Tel est l'essence de ma vie, les vagues de la mer m'ont aidé à me retrouver et me reconstruire - à plus d'une occasion.





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